A mes enfants

Vous me lirez lorsque le temps aura eu raison de moi et ce sera bien ainsi
Tous mes textes sont nés dans cette ombre paisible
Juste là, à côté de vous, dans le doux bruit de la vie
Où mes mots se frayent un chemin dans ce possible qui n’existe que là

Lorsque vous ouvrirez mes livres ce sera comme si ma voix glissait sur le carrefour du temps,
de l’autre côté de la forêt et qu’à votre mémoire vous reviendrait l’idée qu’il existe une autre façon de parler, de vivre, d’exister…
Que le monde ne se résume pas à cette image triste qu’on en fait
Pour vous empêcher de vivre toute cette vie qui se donne à vous

Ne faites pas comme trop d’âmes à laisser à jamais la poésie
Incomprise ou mineure, n’être qu’une image ou un mot
Lisez-la dans les yeux car elle vous regarde !
Vous indique l’horizon à l’aurore d’un détour et fertilise les déserts

Ne lui donnez pas la silhouette d’un passé lointain mais d’une musique sur laquelle vous chanterez votre vie en ne brisant aucun des joyaux que vous recevrez
Lorsque vous l’entendrez de votre voix pure et cristalline, elle vous paraîtra la vôtre, vous éloignera du bord et vous atteindrez l’autre rive !
Puis il faudra qu’elle se perde dans le silence d’où elle est venue.

Car mes enfants, c’est à vous qu’appartient ce monde
Ne laissez jamais à personne le soin de vous dicter vos envies
Car, je vous le dis et vous le répète ici
Personne ne doit écrire à votre place le poème de votre vie.

MioModus.

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A l’air libre

Là où il fait bon avancer.
Apercevoir la cime des arbres et entrer dans leur secret comme pour mieux respirer dans la musique des écorces qui chantent.
Chaque branche est bercée par le vent, chaque branche a un son qui lui est propre.
Au sortir des herbes du chemin, on entend cette douce symphonie en eau de vie.

Homme libre à l’âme apaisée
Caresse notre écorce !
Vit de nos délices !
Sois sûr de notre force !

Comme un appel des anges pour caresser ce que nous donne cette belle nature. Ombre et créature sortis des ciels livrent à nos pieds ce besoin de conjuguer les futurs. Aussi nous faut-il laisser quelques brins d’herbe, quelques fleurs, deux ou trois arbres… à nos graines enivrées par le spectacle de nos effets.
Pour pouvoir toujours et à jamais contempler la magie des feuilles qui dansent et entendre enfin le langage des arbres !

MioModus.

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Une étrange sensation

Sinueux comme le temps qui dérive
Ce bras de mer est la liberté solaire
De celle qui fait vibrer les pores
Aux confins des silences sur la route des sens

Roule ! Vole ! Les frontières n’ont plus de lignes !
Parfois les couleurs changent mais les âmes sont figées
Ici et là au creux de l’immensité de cette terre rouge et aride
Le transport te berce de son chaos et insuffle l’essentiel

Un tapis, un peu d’eau et la contemplation de l’horizon
Ce soir le ciel sera mon toit, les étoiles mon théâtre
Comment faire pour finir, pour repartir ? Quatre yeux…
De longs cheveux bruns et une silhouette gracieuse !

L’oubli de son existence au cœur de cette délivrance
Est une façon certaine te retrouver le chemin
Être amoureux de la vie est ce sublime paratonnerre
Qui rend chaque carrefour limpide et lumineux !

MioModus.

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A contre vent

Éroder le jour
A la force des lunes
Souligner le ciel
A la clarté des étoiles

Comme un souffle
Sur le vide
Comme une flamme
Sur la cime

Regarder vos âmes
Se foutre des vies
Ignorer les siècles
Et bâtir l’irréel

Comme une lame
Sur l’écorce
Comme nos sangs
Sur la terre.

MioModus.

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Adieu liberté chérie

Rien n’est tant prévu que l’imprévu
Ces carrefours empruntés
Ces chemins dissimulés
Deux ou trois pas pour une foulée

Quelques secondes pour refaire
Une vie et des âmes pour défaire
On avance puis on s’arrête
On respire et on s’inquiète

Les coordonnées sont erronées
L’intelligence artificielle
Remplace l’ivre réel

L’être humain si spontané
Devient ce pantin désarticulé
Cheminant à la demande du maître des clefs.

MioModus.

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Les Rives de l’âme

Aux passants dépassés
Je dis : « Je vais me faire un peu de publicité ! »
Pour défier ceux qui en font sur ma page
Me l’on-t-il demandé avant de souiller mes écrits de leur infamie ?

Alors fidèles lecteurs achetez mon recueil !
Il vous emmènera au coeur du coeur du temps !
Sur une barque aux contours poétisant
Tel un arc tendu vers l’océan

Cliquez sur la couverture !
Et vous serez sur le site de mon éditeur !
Pour tenter d’apercevoir au loin les rives de l’âme…
Et tenir dans vos mains ces quelques pages, cette trace

Ces poèmes si vivants
Cherchant leur place
Sur vos étagères
Entre Rimbaud et Baudelaire…

C’est qui ce petit nouveau ?

C’est

MioModus.

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A la dérive

Tel un ciel fatigué d’illuminer
Les pensées de l’abîme
J’ai vu au loin ce marin
Aiguisé l’ombre de ses racines

Un corps épuisé de vivre
Au sel d’une pensée oubliée
Le ressac pour métronome
Sur la terre il vacille

Cet homme est la mer
Une bouée pour les égarés
Tel un phare, un guide
Jusqu’à ne plus avoir de forces

Il s’efforce d’être le signe
Le pas qui éclaircit l’horizon
Un passage au milieu des courants
Un ange sublimant l’océan.

MioModus.

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Vertige

Inciser dans le sens de l’existence
Voir jaillir l’ébène au noir des ciels
Se fondre dans ces couleurs intenses
S’écouler sur le sol en encre éternelle

Devenir le sel dans la fin du jour éclatant
Pour retenir l’essentiel la force de l’inconnu
S’échouer à la magie des vents exaltants
Devenir léger comme l’air le corps nu.

MioModus.

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Les yeux fermés

Dans le rêve
Ils volent
Des visages, des sourires
Des êtres familiers

Au manque des jours
Complète la lune
Conseils dans l’inconscient
Bourrasque des vides

Chaque pore vibre
Le corps exulte ses douleurs
Aux cris de la nuit
Répond le matin apaisé

MioModus.

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Chambre sur le port

Signe des temps
Sur ligne de vie
Une trentaine de printemps
Une douce mélancolie

Lumière tamisée
Le souffle de l’existence
Au vent rêvé de l’éternité
S’éloigne de l’évidence

Aux reflets du miroir
Quand on fixe ton regard
Ton âme se laisse entrevoir
Là-bas derrière tes remparts

Comme la rosée sur les bruyères
Le chant des prières
De ces navigateurs solitaires
Rend ton visage solaire.

MioModus. 

Acrylique sur carton toilé avec l’aimable autorisation de l’artiste Carole Bourdeu à retrouver ici : Art Contemporain.

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