rester pendant que tout disparaît,
entrer dans le décor :

J’écoute du Vincent Delerm
En relisant des poèmes de Verlaine
Et dehors ni une ni deux il pleut
Mon esprit vagabonde
De Villiers à Belleville
En passant par cette plage
Au ciel si bleu
Du Grand Crohot au Truc Vert
Tout est par terre
Tout le sable parti à la mer
La tête à l’envers
Chanson d’Automne
Résonne et claque comme une feuille morte
S’échouant sur mon vague à l’âme
Vivant, la vie devant soi
Je m’échoue au Drugstore
Et me commande une double vodka.
MioModus.

Origine des soirs
En contrechamp clair obscur
Les battements du coeur
Frappant les tempes
De ton existence
Tout bascule tout se bouscule
A l’évidence
De la cadence des souffles
D’une vague aimante
Sur la dune fumante,
Dégoulinante
De lave en fusion
Qui figera ton paysage
Pour mille ans.
MioModus.

Je cours
Après le temps
D’un futur possible
En insomnie
Le défi d’une lune immense
Derrière la vitre
Que je brise
Avec mon souffle
Et le silence s’installe
Il faut vivre
Ici sans recours
A l’issue de secours.
MioModus.

Dune à moitié lune
Sur la rive des disparus
Lueurs de brume sur l’eau
Et ton écho
Comme on saigne
Comme on s’aime
Comme on sème
Atteindre le jour
A même l’amour
En passant par l’aube
Des sens
Inversés
De l’équateur.
MioModus.

Je te retiens de toutes mes forces
Sur cet océan maudit
Toutes les étoiles pour nous voir
Dériver
En ce soir d’été
Des larmes de pluie
Des cris sans écho
Le triangle de l’abîme
A la proue des sens
Aucune donnée de nuance
Une fusée de détresse dans le ciel
Le tableau de la délivrance
Se dessine
Au cœur du cœur de la nuit.
MioModus.

Une lumière
Qui n’existe pas
De l’autre côté
Sur la rive des immortels
Il y a dans l’air
Comme des effluves
De bonheur
Aux mille éclats
Dans l’herbe j’ai marché
Jusqu’au dernier souffle
En riant
Jusqu’à mon dernier printemps.
MioModus.

Sombre branche
Sous le creux des vides
Une plaine immense
Un souffle avant la nuit
Déréglées les boussoles
Ou va se lever le soleil ?
Sur le front des vies
Incomprises, éprises de liberté
Chercher l’horizon
Là-bas au dessus des blés
Le cri des chiens
Et puis plus rien.
MioModus.

Dans la brume
Sur le bitume
Un jour on se dit
Que le pas rétrécit
Que traverser le carrefour
Est une folie
En plein jour
Ou par temps de pluie
On voit le monde plus ou moins gris
On reprend son souffle
Quand vient l’éclaircie
Et mes AirPods étouffent le bruit
De cette ville engloutie.
MioModus.

Et derrière le ciel devient noir
Mais les fleurs demeurent
Et dégagent une lumière éclatante
A la lueur des vies passantes
Aperçues dans le miroir
La solitude des âmes
Et ce sablier qui file
En grain de pluie
Vers l’infini
Le puits du temps
Et la clé que l’on a jeté si loin
Pour ne pas briser demain.
MioModus.
